Lutte contre le blanchiment d’argent : les experts comptables invités à plus de vigilance

  • Posted on: 17 July 2012
  • By: onecca

Les experts comptables africains ont été invités, lundi à Dakar, à ''plus de vigilance'' dans le transfert des capitaux, pour une meilleure prise en compte des aspects liés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme sur le continent.

‘’Je saisis l’opportunité qui m’est offerte pour inviter les experts comptables, dans le cadre de l’exercice de leur profession, à doubler de vigilance à l’égard de leur clientèle, de s’assurer de la connaissance effective du client, d'identifier l’ayant-droit économique, que ce soit une personne physique ou morale, de conserver les documents relatifs selon la durée déterminée par la loi’’, a dit Ngounda Fall Kane, Secrétaire générale du ministère de l’Economie et des Finances.

M. Fall s'exprimait à l’ouverture de l’atelier régional sur le rôle des experts comptables diplômés de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), dans la lutte contre le blanchiment de capitaux.

Cet atelier, initié par le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique (GIABA), se fixe pour objectif de familiariser les experts comptables de l’UEMOA avec les obligations qui les incombent en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, notamment l’obligation de déclaration de soupçons.

‘’Les problèmes de gouvernance et de transparence auxquels nos Etats sont confrontés, les crises sociales et collectives exposent notre communauté à des réels risques de blanchiments d’argent et de financement du terrorisme’’, a averti M. Kane.

Pour lui, ‘’une telle situation doit amener à redoubler d’efforts’’. Pour y arriver, il préconise ‘’davantage de collaboration entre acteurs financiers et non financiers, mais également de sensibilisation de toutes les cibles, afin de leur permettre de saisir la quintessence du dispositif de lutte et mieux appréhender les enjeux ainsi que leurs responsabilités collectives’’.

Il a par ailleurs rappelé les efforts faits dans ce sens par les Etats ouest africains, avec, entre autres, la mise en place d’instruments juridiques et une organisation institutionnelle régionale, ''afin de lutter, de préserver les économies de la région de ce fléau mondial''.

‘’Le GIABA et les cellules de renseignement financier ont été mis en place dans l’espace CEDEAO. Il revient à ces organes, en collaboration avec les Etats, d’assurer un fonctionnement du dispositif, en veillant à un respect strict des textes législatifs et réglementaires par l’ensemble des acteurs’’, a-t-il expliqué.

‘’Cet objectif, a-t-il ajouté, cependant, ne pourrait être atteint sans une bonne politique de formation, de communication et de sensibilisation à l’endroit notamment des assujettis’’.

Pour le directeur général du GIABA, Aliou Oumarou, ‘’la rencontre entre le GIABA et les professionnels de la comptabilité est devenue, au fil des ans, une urgence, eu égard au rôle important des experts comptables dans la transparence et la bonne gouvernance dans le tissu économique’’.

Le président de l’Ordre des experts comptables du Sénégal, Iba Joseph Basse, s’est félicité du choix fait par le GIABA de cibler les experts comptables pour les renforcer, afin de mieux les associer à la lutte contre le blanchiment des capitaux dans la sous-région.

Invitant ses collègues à ''plus d’éthique'' dans l’exercice de leur profession, il a aussi exhorté les Etats à ''plus de volonté politique'' quant au contrôle de certains transferts de capitaux ou encore de l’origine de certains investissements venant de l'étranger.